Les Concours

LES CONCOURS DE PIPE-BANDS

Le concours de pipe-band est plus qu’une institution en Ecosse, c’est la raison d’être de beaucoup de groupes dont le seul objectif est de gagner un prix lors des concours prestigieux organisés par la Royal Scottish Pipe-Band Association (RSPBA).

C’est en 1905 que la première compétition de pipe-band fut organisée, et très vite on s’aperçut que la création d’une association ayant pouvoir d’évaluer et de juger les performances musicales et de créer des catégories ne pouvait être qu’une bonne chose pour le mouvement pipe-band. L’association se constitua en 1930 et presque aussitôt on décida de dégager trois catégories ; depuis cette date d’autres catégories ont été créées, à savoir la quatrième catégorie, et les catégories « juvénile » et « novice juvénile ».

D’année en année les pipe-bands sont testés et, selon les prix obtenus lors des compétitions, peuvent monter en catégorie supérieure, ou être dégradés.

Les concours de pipe-bands sont d’une importance extrême pour marquer le progrès d’un groupe et le stimuler pour d’autres efforts, mais la possibilité qu’ils offrent aux musiciens de pipe-band, à la fois pour produire de la musique de première qualité, et aussi pour renouer de vieilles connaissances, reste sans équivalent.

LES CONCOURS SOLISTES

La mise en place de compétitions demeure un trait essentiel de toute musique associée à la cornemuse des Highlands. On rapporte l’existence de concours entre les sonneurs des chefs de clan antérieurs au soulevement jacobite de 1745, et par la suite bien évidemment, au sein des régiments des Highlands où les rivalités se développaient de façon bien naturelle. Les conservateurs considéraient aussi la compétition comme un bon moyen pour encourager une bonne pratique musicale et donner du prestige et un statut aux gagnants au sein de leur communauté. Le premier concours à être organisé en Ecosse après le mouvement de 1745 fut celui de Kalkirk, une ville des Lowlands, qui, tous les ans, recevait un afflux de Highlanders qui conduisaient d’énormes troupeaux de bétails vers le sud où se tenaient les riches marchés anglais. Plus tard, on transféra ce concours à Edimbourg, la capitale, où il se tenait dans un théâtre, faute de décor naturel comparable aux paysages naturels des Highlands. Il est certain que les résultats de ces concours intéressaient au plus haut point les propriétaires des Highlands, désireux de suivre le romantisme obsessionnel à la mode chez la Reine Victoria pour tout ce qui venait des Highlands, et qui cherchaient à embaucher des sonneurs à leur service dans leurs domaines.

Plus tard, on vit apparaître des partitions standard de pièces rangées en catégories distinctes :

  • Ceol Beag (la petite musique) : c’est la musique légère de la cornemuse, marches, strathspeys et reels.
  • Ceol Meadhonach (litt. la musique du milieu) : comprend des airs de chansons et de danses que l’on considère comme plus complexes que les strathspeys et reels traditionnels, par exemple les répertoires de jigs et plus récemment la mode des hornpipes.
  • Ceol Mor (la grande musique) : qui consiste en pièces réparties en saluts, lamentations et rassemblements et qui se réfèrent énormément au système des clans, bien que les compositions modernes, tout en conservant la grandeur et la dignité de la musique originale, puissent exprimer des thèmes plus universels, ou même plus intimes.

Cependant, on classe le répertoire en deux catégories principales, le Ceol Mor reste inchangé, tandis que le Ceol Beag reprend tout le répertoire de marches, strathspeys, reels ainsi que les jigs et hornpipes, on y trouve également des danses étrangères au répertoire traditionnel écossais tel que les valses et polkas.

On relève donc, de ces deux catégories de répertoire, le Ceol Beag et le Ceol Mor, deux concours principaux :

Le concours de Ceol Beag ou musique légère :

Beaucoup de Highlands Games (jeux traditionnels des Highlands) ont leur concours de cornemuse solo, ainsi qu’un bon nombre de compétitions de très grand prestige qui sont réservées aux sonneurs professionnels, ainsi que d’autres concours ouverts aux amateurs. Les sonneurs professionnels se distinguent la plupart du temps lors de grands concours qui se tiennent tous les ans, tels ceux d’Inverness, Oban et Londres. Egalement des concours sponsorisés auxquels seuls les sonneurs qui ont gagné les concours importants sont invités à participer, organisés sur une fréquence annuelle.

On trouve bien sûr des concours organisés à travers le monde entier, destinés aux professionnels ou aux amateurs, comme le trophée MacAllan au Festival Interceltique de Lorient.

Le concours de Ceol Mor ou musique classique :

Le Ceol Mor ou encore Piobaireachd (mot gaélique traduit en Breton par Pibroc’h) servaient autrefois à rythmer les éléments importants de la vie des clans : naissance, visite, bataille, décès… Cette musique est considérée et est probablement la plus difficile à jouer, son étude et sa technique demandant beaucoup d’années de travail.

Cette musique dite classique est très peu connue du grand public, car elle ne peut s’apprécier pleinement que lorsque l’on est à même de saisir toutes les subtilités techniques du sonneur. En effet, ces airs, qui durent de 10 à 30 minutes, sont basés autour d’un thème, constamment enrichi au cours de la progression du morceau. Toutes ces évolutions sont rigoureusement étudiées, et le sonneur jouant un pibroc’h n’improvise jamais. Il interprète le morceau de mémoire, tel que celui-ci l’était à l’origine, sans y ajouter aucune note.

Ce facteur fait du pibroc’h un art très difficile à manier, demandant un maximum de concentration. La constitution des hanches des cornemuses, faites en roseau, n’arrange rien à la chose, l’accord de l’instrument étant tributaire de la température ambiante, du degré d’humidité,… Un sonneur dont l’instrument se désaccorde au bout de quelques minutes n’a d’autre solution que de continuer à jouer, toute interruption signifiant pour lui la fin du concours.

LES AUTRES CONCOURS

Le milieu des sonneurs de cornemuse est traditionnellement entouré d’une ambiance très stricte, avec des règles bien établies. Il existe deux autres types de concours, beaucoup plus décontractés, qui ont contribués à rapprocher les sonneurs du grand public.

Le Kitchen Music ou Kitchen Piping :

Le nom d’une telle compétition peut légitimement amener à se poser des questions. Littéralement « musique de cuisine » ou « musique de cornemuse de cuisine » . Il ne s’agit pas de réaliser une recette en jouant de la cornemuse dans une cuisine. Cela se présente en fait sous la forme d’un concours de cornemuse classique, avec des solistes des pays en présence se succédant sur la scène, à ceci près que le répertoire est libre sur un temps donné, tout comme la tenue vestimentaire, et que c’est le public qui vote pour élire le meilleur sonneur de l’après-midi. Ce concours est surtout destiné à rapprocher les sonneurs et le public, ainsi le public va élire le sonneur qui les aura le plus charmé et fait le plus plaisir.

D’origine irlandaise et écossaise, cette forme d’expression tire son nom du temps où l’on se rencontrait après le travail, pour passer un peu de temps ensemble. Lors de ces visites, les hôtes étaient reçus dans la pièce principale de la maison, en l’occurrence la cuisine… On y jouait des airs de cornemuse légers, d’où l’appellation « Kitchen Music » .

Le Knock-out :

Le Knock-out ou concours éliminatoire, dans lequel les sonneurs s’affrontent par paires, pour avoir l’honneur d’apparaître lors de la grande finale. Tout ceci peut durer plusieurs semaines, ce qui suscite un plaisir et un intérêt certains.