Historique

RESUME DE L’HISTOIRE DE LA CORNEMUSE

I. LA CORNEMUSE DANS L’ANTIQUITE

Les tuyaux avec des anches sont le début de l’humanité musicale, de la civilisation Méditerranéenne, Africaine, Indienne, dans laquelle on a façonné des anches à partir du roseau, c’est-à-dire taillé une petite lamelle pour qu’elle fasse une vibration et donc un son.
Les recherches effectuées jusqu’à présent permettent d’affirmer que des cornemuses ont été utilisées depuis une date très reculée, difficile à déterminer avec précision (environ 3000 ans avant J.C.) en Europe, dans le Nord de l’Afrique.

Dans l’Antiquité, des cornemuses ont été utilisées en Egypte, en Grèce antique et à Rome. Au début de l’ère Chrétienne, on en jouait dans tout le Bassin Méditerranéen. Une variété de cornemuse est représentée sur une pièce de monnaie romaine de l’époque de Néron. Aristophale, qui était un auteur célèbre et comique, disait à propos des gens, sans doute pour se moquer d’eux puisque c’était un auteur humoristique, « Vous, les cornemuseux, qui venez de Thèbes avec vos tuyaux en forme d’os et qui soufflez dans le postérieur de vos chiens », donc, il s’agit visiblement d’une allusion à la poche de la cornemuse. Puis, lorsqu’il y eu la conquête de la Gaule et de la Grande-Bretagne, l’armée Romaine avait emmené des cornemuses ou ce qui y ressemblaient, et sont restées en Grande-Bretagne ainsi que dans les pays celtiques d’alors.

L’usage des cornemuses se développa après la chute de l’empire Romain. Les différents types existant jusqu’alors évoluèrent indépendamment et différemment selon leur aire d’utilisation, donnant ainsi un grand nombre de variétés différentes. On peut dire que la période qui va se dessiner par la suite, c’est-à-dire la période moyenâgeuse, à connue énormément de cornemuses.

II. L’EUROPE, DU MOYEN-AGE AU XVIème SIECLE

Selon les pays, dans tous les pays d’Europe, Europe Centrale incluse, Europe de l’Ouest, la France également, l’Allemagne où cela n’existe plus, les musiciens ambulants, ménétriers, ménestrels, jongleurs et bergers, fabriquèrent des cornemuses avec les matériaux qu’ils avaient dans leur pays respectifs.

On trouve dans la littérature européenne des 13ème, 14ème, 15ème et 16ème siècles, de nombreux exemples qui prouvent que les cornemuses n’ont sans doute jamais été plus populaires en Europe qu’à cette époque ; elles étaient aussi fréquemment utilisées dans les foires que dans les palais des rois.

C’est la période la plus riche de la cornemuse où elle est la reine sur toutes les places de villages et des petites villes, elle fait danser les gens aussi bien en Hollande qu’en Grande-Bretagne, en France et particulièrement en Bretagne.

Des dames en jouaient à la cour de France et le Roi Henry VIII en laissa cinq dans sa collection d’instruments de musique. D’ailleurs, le répertoire des instrumentistes qui jouent encore actuellement de leur propre type de cornemuse, vient en droite ligne de cette époque. « Les actuels joueurs de cornemuse d’Inde, de Russie, de Pologne, de République Tchèque, de Grèce, de Yougoslavie, d’Italie, d’Espagne, D’Irlande, de Grande-Bretagne et de France sont les héritiers et les détenteurs d’un patrimoine musical qui s’est transmis oralement, sans interruption, de génération en génération, depuis le Moyen-Age ».(1)

La fin du Moyen-Age vit le déclin de la cornemuse dans beaucoup de pays. Jusqu’alors la civilisation était essentiellement rurale, et comme la plupart des maisons n’étaient guère que des abris, beaucoup de réjouissances se déroulaient en plein air, domaine de prédilection des cornemuses. A partir du moment où les fêtes eurent lieu à l’intérieur, les cornemuses furent utilisées en salle et elles souffrirent de la comparaison avec les autres instruments au son plus doux et aux possibilités plus étendues ; leur puissance de son qui était jusque là une qualité nécessaire, devint un défaut.

Dans les régions françaises, il y a des cornemuses qui se sont adoucies pour pouvoir continuer d’exister en essayant d’adapter ces instruments à la salle ; leur taille fut réduite, leur puissance de son diminué, leur tessiture étendue. La musette baroque et la cornemuse du Northumberland (Angleterre), sont des exemples de ces réalisations. Mais leur popularité baissa assez rapidement et les variétés qui ne subirent pas de modifications continuèrent d’être utilisées presque uniquement dans les civilisations rurales, souvent pastorales, qui perdirent peu à peu de leur importance.

III. LA CORNEMUSE EN ECOSSE

Le sort de la cornemuse écossaise des Highlands fut exceptionnel. Au départ peu différente des autres cornemuses alors utilisées en Europe, elle n’eut qu’un seul bourdon jusqu’au 13ème siècle. C’est par la suite qu’elle se personnalisa : le deuxième bourdon ténor fut vraisemblablement ajouté au 14ème siècle ; il existe, dans un musé d’Edimbourg, une cornemuse à deux bourdons ténors portant la date de 1409. Le troisième bourdons (basse) ne fut ajouté qu’au 17ème siècle, sa forme actuelle datant d’environ 1650, et, depuis cette date, son aspect général et ses caractéristiques essentielles sont restés inchangés. Peut-être la hauteur du son a-t-elle été modifié et la sonorité s’est-elle améliorée.

L’organisation de l’Ecosse en clans, favorisa le développement de la cornemuse : chaque clan avait son joueur de cornemuse professionnel. L’époque allant du début du 15ème à la fin du 18ème siècle, vit le développement et l’épanouissement d’une musique très élaborée, avec des thèmes, des variations, spécifique à cette cornemuse, appelée « Piobaireachd » (Pibro’ch).

Le deuxième fait « social » qui favorisa le développement de la cornemuse écossaise, fut le recrutement d’instrumentistes dans les régiments écossais, à partir du milieu du 19ème siècle sous le règne de la reine Victoria ; ils étaient alors sans doute les seuls joueurs de cornemuse professionnels au monde ce qui peut expliquer le haut niveau technique qu’ils ont atteint et aussi le nombre élevé d’instrumentistes en Ecosse depuis une centaine d’années.

(1) « Piobaireachd » de S. Mac NEILL

On peut diviser la musique instrumentale écossaise en cinq catégories :

  1. Les Piobaireachd,
  2. Les Marches, Strathpeys et Reels de compétition,
  3. Les Jigs,
  4. Les airs de marche et de danse,
  5. Les marches lentes et airs lents.

Les trois premières constituent la musique véritablement propre à la cornemuse, alors que les autres ne sont souvent que des adaptations d’airs écossais traditionnels.

L’histoire des grands sonneurs remonte aux MacCrimmon qui habitaient l’île de Skye. Il y eut certainement de bons sonneurs avant cette famille, mais il ne reste aucun document historique. Les MacCrimmon ont établi les bases de la musique écossaise actuelle et qu’ils furent les premiers à améliorer l’interprétation, l’exécution et la technique, amélioration qui a atteint de nos jours un degré de perfectionnement extraordinaire, tant dans le jeu en soliste que dans le jeu en groupe. Ce progrès est dû en grande partie aux nombreuses individualités et sociétés qui, à travers les âges, ont gardé les traditions écossaises vivantes et transmis jusque là le niveau élevé actuel.

IV. EN BRETAGNE, DEPUIS 1940

En Bretagne, on a conservé cette perce d’instruments conique de façon à pouvoir jouer en plein air et que l’on puisse les entendre de très loin. Dans les années précédant la deuxième guerre mondiale, les sonneurs traditionnels jouant en duo du Biniou-Koz et de la bombarde se faisaient de moins en moins nombreux, et fort peu de personnes s’intéressaient à leur répertoire qui a failli disparaître. En 1942, la « Bodadeg Ar Sonerion » dont le but était de le faire renaître, vit le jour. Peu après la guerre, elle créa le Bagad, ensemble de bombardes, de binious-braz et de tambours. Le biniou-braz était très proche de la cornemuse écossaise : comme elle, il avait deux bourdons ténors (accordés une octave au-dessous de la tonique du lévriad), un bourdon basse (accordé deux octaves au-dessous de la tonique du lévriad) et un lévriad (chalumeau) à la tonalité de Si-bémol. Deux points le différenciaient de la cornemuse écossaise : le lévriad du biniou-braz donnait la gamme tempérée de Si-bémol majeur ; d’autre part, son doigté était considérablement plus simple (similaire à celui de la bombarde). Mais les bagadou ont progressivement délaissé le biniou-braz pour adopter l’authentique cornemuse écossaise des Highlands, conservant sa gamme particulière, différente de la gamme tempérée et son système d’ornementation complexe.

V. LA CORNEMUSE EN EUROPE

Dans l’ethno-organologie européenne, la cornemuse constitue, avec les diverses cithares et la vielle, une survivance de la musique à bourdon. Un moment présentes dans tous les pays d’Europe, les cornemuses de types variés sont aujourd’hui encore jouées dans de multiples régions. Dans le sud de l’Italie et en Sicile, on trouve un modèle particulier de cornemuse, appelée Zampogne, dont tous les tuyaux sont insérés dans un bloc frontal. Les cornemuses italiennes comprennent toujours deux tuyaux pour la mélodie et un nombre de bourdons variant de un à trois, exceptionnellement quatre. Les cornemuses de Dalmatie, de Grèce, d’Afrique du nord et du Proche-Orient possèdent également le double tuyau pour la mélodie mais sont dépourvues de bourdons indépendants. La petite cornemuse des Landes, réutilisée dans le folk revival, représente une émergence curieuse d’un type de cornemuse originaire de Méditerranée orientale. Des cornemuses à un seul tuyau pour la mélodie et plusieurs bourdons sont utilisées dans le nord du Portugal, en Galice et en Navarre appelée Gaita, en Bretagne Biniou-Koz, en Irlande Uilleann Pipe, en Ecosse Highland Bagpipe, dans le centre de la France (avec des modèles assez élaborés : Cabrette). On trouve des cornemuses de divers types en Pologne, en République Tchèque, en Hongrie, en Roumanie, en Bulgarie, en Grèce, alors que les pays baltes, la Suède et la Catalogne connaissent des vestiges d’instruments en voie d’extinction. Au nord de l’Italie la cornemuse a disparu.

La cornemuse écossaise s’est exportée à travers le monde, c’est l’une des plus jouée dans le monde entier. Cette empreinte écossaise est très importante, c’est l’instrument qui fait qu’elle représente une musique celtique internationale.